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Conçue par la Fondation de l’Hermitage et présentée exclusivement à Lausanne, cette exposition offre un panorama représentatif de l’oeuvre de Victor Brauner (1903-1966).
Elle bénéficie d’importants prêts accordés tant par des collections publiques françaises, parmi lesquelles le Musée national d’art moderne à Paris, que par des collections privées suisses et françaises.
REPERES BIOGRAPHIQUES Né en Roumanie, Victor Brauner s’installe à Paris en 1930. Proche de Brancusi, Giacometti et Tanguy, il rejoint bientôt le groupe surréaliste; pour Breton, il sera l’artiste magique par excellence. Peintre des prémonitions, mais aussi peintre subversif et ironique, il crée des images insolites et obsessionnelles, des figures chimériques combinant les différents règnes de la nature. Pendant la guerre, il se voit contraint d’utiliser des matériaux de fortune, dont la cire, qui se révélera un médium exceptionnellement apte à transcrire sa vision propre. Jusqu’à la fin de sa vie, Brauner en perfectionne la technique et l’usage, alliant à une certaine rusticité du matériau un somptueux raffinement dans le traitement de la couleur.
Après sa rupture avec le surréalisme en 1948, l’artiste va vers un style toujours plus personnel. Il se livre à une introspection exaltée, emprunte aux arts primitifs, mais aussi aux sciences occultes, pour exprimer des archétypes universels: "Ma peinture est autobiographique, elle raconte ma vie. Et ma vie est exemplaire car universelle" (1962).
UNE EXPOSITION EN NEUF TABLEAUX L’œuvre de Victor Brauner se prêtant difficilement à une présentation strictement chronologique, l’exposition de la Fondation de l’Hermitage privilégie une approche thématique, plus apte à traduire la vision de Brauner dans toute sa richesse, et sa cohésion profonde.
Neuf sections rythment ainsi le parcours de l’exposition. On trouvera ci-dessous une brève présentation de chacune de ces sections, illustrée par neuf tableaux.
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 La coupe d’amour, 1965 huile sur toile et bois peint, 147 x 92,5 cm Musée national d’art moderne, Paris © Centre G. Pompidou

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Visions oniriques Dès son arrivée en France en 1930, Victor Brauner prend une place majeure au sein du groupe surréaliste. Les œuvres de cette époque participent de l’imagerie insolite chère à ce mouvement artistique: objets étranges, créatures hybrides et inquiétantes, perdus dans des paysages désertiques et crépusculaires.
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 L’envoyeur, 1937 huile sur panneau, 13,9 x 18 cm Musée national d’art moderne, Paris © Centre G. Pompidou
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Portrait-robot de la tyrannie Parallèlement à ses images fantasmatiques, Brauner explore une voie qui rencontre l’approbation enthousiaste d’André Breton, celle de la critique sociale. Dans des toiles d’une extrême subversion, il trace le portrait de sinistres despotes et dénonce la montée des dictatures.
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 Force de concentration de Monsieur K., 1934 huile sur toile et incorporation de poupées en celluloïd, végétaux factices en papier avec fil de fer, 148,5 x 295 cm Musée national d’art moderne, Paris © Centre G. Pompidou photo Ph. Migeat
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Talismans Victor Brauner a partagé la fascination des surréalistes pour le surnaturel, les prémonitions et les coïncidences troublantes. Certains de ses tableaux joueront pour lui le rôle de véritables talismans, au caractère divinatoire et magique.
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 La rencontre du 2 bis rue Perrel,1946 huile sur toile, 80,5 x 105 cm Musée d’art moderne de la Ville de Paris © Photothèque des Musées de la Ville de Paris
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Conquête de la matière Pendant la Seconde Guerre mondiale, Brauner fuit la France occupée et se réfugie dans les Alpes-de-Haute-Provence. La conjoncture particulièrement difficile de cet exil va favoriser d’intenses expérimentations sur les matériaux, principalement la cire.
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 Jeune femme regardant son destin, 1945 cire sur panneau, 50 x 32,5 cm collection particulière photo J. Hyde
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Enfances Omniprésent dans l’œuvre de Brauner, le thème de l’enfance trouve son illustration principale dans la création d’un double enfantin, le petit Victor, qui déambule dans un monde imaginaire à la recherche d’aide et de protection maternelle.
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 Victor Victorel retrouve le poisson, 1949 huile sur toile, 55 x 46 cm Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne photo J. Boulissière
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La pensée sauvage Si Victor Brauner a toujours été passionné par les arts dits primitifs, c’est moins pour y puiser une inspiration formelle que parce qu’il y reconnaît à l’œuvre des esprits dont il se sent proche. Ses expériences essentielles sur la cire l’ont ainsi mis dans la situation d’un sauvage et d’un magicien dans sa propre culture.
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 Mimétisme antropomorphe de la conscience collective, 1961 huile, cire, bois et écorce sur panneau, 200 x 200 cm collection particulière
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Bestiaire Omniprésent dans l’œuvre de Brauner, le monde animal nourrit la créativité de l’artiste, tant du point de vue métaphysique que poétique. Célébrant l’interpénétration des règnes, l’artiste incite le spectateur à s’interroger sur sa nature duelle: "Moi je te rappelle que tous ces animaux sont en toi" (1962).
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 Solivan, 1946 huile recouverte de bougie grattée, incisions noircies à l’encre sur carton, 22 x 27,4 cm Musée national d’art moderne, Paris © Centre G. Pompidou photo J. Boulissière
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Les noces du double Victor Brauner est l’un des rares artistes au XXe siècle à recourir constamment à la symétrie et à la répétition du même. Cette fascination pour le double se nourrit chez lui d’un trouble profond, traduisant la perception angoissée qu’il a de la nature duelle de l’homme.
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 Sources profondes, 1946 cire sur carton, 72,5 x 59,8 cm collection particulière photo: J. Hyde
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L’esprit du trait La pratique du dessin a accompagné Victor Brauner tout au long de sa carrière. Loin de se limiter à une technique ou à un support, la ligne est partout, cerne la forme et cisèle la figure.
Librairie
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 Quatre fascinants, 1950 manuscrit de René Char illustré par Victor Brauner crayon, aquarelle et gouache sur papier, 32,5 x 25,5 cm collection particulière photo C. Huber
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