22.01.1999 15:01 Il y a : 22 yrs
Catégorie : Expositions passées

L’âge d’or de l’aquarelle anglaise
Turner, Constable, Bonington...
1770-1900

du 22 janvier au 24 mai 1999


Consacrée au monde intime et subtil de l’aquarelle anglaise, cette exposition offre un vaste panorama allant des artistes novateurs du XVIIIe siècle jusqu’aux virtuoses de l’époque victorienne. 

Il s’agit de la première exposition d’envergure à aborder ce sujet en Suisse depuis 1955. Parmi les oeuvres présentées, nombreuses sont celles qui n’ont jamais été montrées au public.
Pittoresque, romantique ou topographique, décrivant l’Angleterre, l’Italie, la Suisse ou l’Orient, le paysage est à l’honneur sous toutes ses formes. Mais les autres thèmes n’en sont pas oubliés pour autant; scènes de genre, descriptions historiques et natures mortes complètent notre vision de cette période, peut-être la plus dynamique de la peinture britannique.

LES AQUARELLISTES ET L’ART DU PAYSAGE
Les aquarellistes ont joué un rôle fondamental dans le développement de l’art du paysage dès la fin du XVIIIe siècle. Fluide et transparente, cette technique se prête particulièrement bien à la restitution des lumières changeantes, des grands espaces, des vastes ciels et des immensités liquides. David Cox est l’un des artistes qui a su rendre les subtiles variations atmosphériques avec le plus de poésie.

Diverses innovations techniques (peinture en tablettes, facilement transportables dans de légères boîtes métalliques, ainsi que papiers de meilleure qualité) ont par ailleurs permis à l’aquarelle de devenir le bagage indispensable des artistes voyageurs, les accompagnant dans leur découverte de l’Angleterre, de l’Europe et de l’Orient.

Parmi les premiers artistes à voyager à l’étranger, on trouve ceux qui partaient avec les aristocrates anglais pour le "grand tour". Au XVIIIe siècle, il était en effet coutumier pour les jeunes gentlemen de parfaire leur culture classique en effectuant un voyage de plusieurs mois en Italie pour admirer et étudier les restes de l’Antiquité. De nombreux artistes ont accompagné ces voyageurs ou sont partis seuls. Parmi eux, Francis Towne (1740-1802) a exprimé avec un grand lyrisme la beauté des sites italiens.

Au cours de ses nombreux voyages, J.M.W. Turner (1775-1851) a réalisé un nombre immense de croquis, qu’il transformait en aquarelles travaillées à son retour. Attiré par le rendu de la lumière, il a su donner à ses oeuvres une grandeur tragique inégalée. Travaillant avec un égal talent à l’huile et à l’aquarelle, Turner a mis les deux techniques sur un pied d’égalité.

Au début du XIXe siècle, la période troublée des guerres napoléoniennes a mis un frein aux voyages à travers l’Europe. Les artistes se sont alors tournés vers l’exploration des richesses de leur propre patrie, et ont recherché et dépeint avec brio les paysages et les vues les plus pittoresques de Grande-Bretagne. Parmi eux, John Varley (1778-1842) a rencontré un très important succès à son époque, tant auprès des autres artistes que du public.

L’esprit romantique a amené une nouvelle appréciation du paysage en tant qu’expérience personnelle et non plus uniquement comme décor ou contexte d’une action. La contemplation de la nature, devenue source de plaisir et d’émotion, a permis une plus grande subjectivité de la part des artistes. 

La chute de Napoléon et la réouverture de l’Europe dès 1816 ont provoqué en Angleterre un insatiable désir de découverte. A son tour, la classe bourgeoise s’est mise à voyager pour son agrément. Pour satisfaire la curiosité de leurs clients, les artistes ont exploré des pays de plus en plus lointains pour en ramener des vues dont la beauté et l’exotisme étaient sources de fascination. L’Italie, l’Egypte et le Moyen-Orient ont été magnifiquement dépeints par Edward Lear (1812-1888) dans des croquis d’une spontanéité exquise. 

Le goût de l’époque victorienne pour le détail et les prouesses techniques a poussé les artistes à produire des oeuvres d’un plus grand format et à utiliser des couleurs vives et denses pour créer un effet proche de la peinture à l’huile. Dans l’esprit de l’époque, les peintres de la confrérie préraphaélite ont recherché dans la deuxième moitié du XIXe siècle une précision absolue dans la représentation.