29.06.2007 11:52 Il y a : 13 yrs
Catégorie : Expositions passées

Fantin Latour
De la réalité au rêve

29 juin - 28 octobre 2007


La Fondation de l’Hermitage met à l’honneur pour la première fois en Suisse le peintre français Henri Fantin-Latour, qui compte sans doute parmi les talents les plus éminents de la deuxième moitié du XIXe siècle, entre tradition et modernité. Clairement indépendant, Fantin-Latour se laisse difficilement classer dans le panorama artistique de son époque. S’éloignant de la peinture réaliste du milieu du siècle, en particulier de celle de Courbet, dont il fut un temps l’élève, il aspire en définitive au même but que ses contemporains, les impressionnistes, en cherchant à créer une peinture dans laquelle l’aspect formel joue un rôle plus important que le motif. Il ne trouve cependant pas les sujets de ses compositions dans la nature, le plein air, mais préfère travailler dans l’intimité de son atelier parisien. 

Connu avant tout comme peintre de nature morte, Fantin-Latour est également un excellent portraitiste. Il parvient à exprimer, d’une manière étrangement troublante, le vécu émotionnel de la société bourgeoise de l’époque : l’enfermement dans la morale et les conventions, l’indifférence affective et l’absence de communication. Sans chercher délibérément à se montrer critique envers ses contemporains, le peintre retranscrit de manière froide, sobre et objective ce qu’il voit dans la réalité et privilégie la représentation de figures statiques devant des fonds dépouillés, sans ornements ni accessoires explicatifs, qui confère un air de nature morte à ses portraits. 

Dans ses natures mortes, Fantin-Latour s’efforce également de montrer les choses telles qu’elles sont en réalité. Il n’est ainsi pas difficile pour le spectateur de reconnaître clairement les fleurs ou les fruits représentés, d’autant plus que, comme les figures, ceux-ci apparaissent généralement devant un fond neutre. Fantin-Latour fait sans aucun doute partie des peintres de nature morte les plus remarquables de l’histoire de l’art occidental. Ses compositions sont toujours agencées de manière à créer un intense sentiment d’harmonie. Sa maîtrise créatrice est si grande qu’il n’a pas à craindre la comparaison avec son modèle Chardin. 

En marge des natures mortes et des portraits, Fantin affectionne également un troisième genre de peinture, qu’il qualifie lui-même de «sujets d’imagination». Inspiré par Delacroix, son premier modèle, il se consacre sa vie durant, mais plus particulièrement vers la fin de ses jours, à la représentation de sujets mythologiques et religieux. Souvent inspirées par des passages musicaux tirés notamment de Wagner, ces scènes sont conçues dans un style très différent, beaucoup plus libre que les portraits et les natures mortes, rappelant Gustave Moreau. Fantin affirmait volontiers à propos de ses créations qu’il rêvait d’une peinture absolue, à l’opposé des natures mortes et des portraits, qui n’ait «de rapport avec rien de la vie». Avec ces tableaux singuliers, au symbolisme évocateur, Fantin-Latour crée une peinture vibrante, dans l’esprit de la musique.

Conçue par la Fondation de l’Hermitage et présentée en exclusivité à Lausanne, cette rétrospective comprend une sélection de haut niveau, abordant tous les aspects de l’art de Fantin-Latour et réunissant plus de cent trente peintures, pastels, dessins et lithographies. Une section historique et biographique, ainsi que de nombreux documents visuels originaux sont également présentés. Un important catalogue de 192 pages, comprenant 130 illustrations couleur et 45 illustrations noir-blanc, dans lequel sont reproduites toutes les œuvres exposées, accompagne cette manifestation. Avec la contribution de Juliane Cosandier, Elisabeth Hardouin-Fugier, Rudolf Koella, Rainer Michael Mason, Sylvie Patry,  Nadia Schneider, Pierre Vaisse et Sylvie Wuhrmann.

Les œuvres proviennent d’importantes collections publiques françaises telles que le Musée d’Orsay et le Petit Palais à Paris, le Musée de Grenoble, les Musées des Beaux-arts de Bordeaux, Lyon, Pau et Tournai, le Palais des Beaux-Arts de Lille, ainsi que du Royaume-Uni, avec des prêts du Bowes Museum à Barnard Castle, du Fitzwilliam Museum à Cambridge, de la Tate et de la National Gallery à Londres et de la Manchester Art Gallery. D’autres institutions prestigieuses comme the Art Institute of Chicago, la National Gallery of Art de Washington et le Museum of Art de Toledo aux Etats-Unis, the Art Gallery of Hamilton au Canada, le Kunstmuseum de Bâle, le Kunsthaus de Zurich, le Göteborg Museum of Art, la Hamburger Kunsthalle ou encore la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe, ainsi que de nombreux collectionneurs privés, garantissent une sélection exceptionnelle et de très haut niveau.