25.02.2000 10:57 Il y a : 20 yrs
Catégorie : Expositions passées

Auguste Chabaud (1882-1955)

du 25 février au 28 mai 2000


Réunissant près de 100 tableaux et plus de 50 dessins, cette exposition offre un panorama rétrospectif de l’œuvre d’Auguste Chabaud. Né à Nîmes en 1882, Chabaud monte à Paris en 1899. La frénésie de la métropole, sa modernité agressive fascinent le jeune peintre, qui reste en même temps profondément attaché à sa Provence natale, parcourue par le rythme lent, immuable, de la vie rurale. De la tension entre ces deux pôles, Paris et le Sud de la France, où il retournera s’établir après la Première Guerre mondiale, va naître une œuvre puissante et singulière. 

L’exposition qu’accueille la Fondation de l’Hermitage a fait étape dans les musées de Dessau, Wiesbaden, Emden et Coblence, et sera ultérieurement montrée à Paderborn et Maastricht. Elle est enrichie, pour sa présentation à Lausanne, par des prêts du Musée du Petit Palais à Genève et par un ensemble d’œuvres majeures provenant de l’ancienne collection de Josef Müller, conservées dans des collections privées suisses.

REPERES BIOGRAPHIQUES
Né à Nimes en 1882, Chabaud entre à l’Ecole des Beaux-arts d’Avignon en 1896. Il y suit notamment les cours de peinture en plein air de Pierre Grivolas. En 1899, il monte à Paris pour poursuivre sa formation artistique à l’Ecole nationale des Beaux-arts, où il est élève libre dans l’atelier de Fernand Cormon. Il fréquente aussi l’Académie Julian et l’Académie Carrière, où il fait la connaissance de Henri Matisse, André Derain et Jean Puy. Les difficultés financières qui frappent sa famille l’obligent à interrompre ses études; il s’embarque dans la marine marchande et navigue sur les côtes du Sénégal et du Dahomey. Il effectue ensuite son service militaire en Tunisie.

En 1907, il se retrouve à Paris où il expose au Salon des Indépendants et au Salon d’Automne, aux côtés des principaux protagonistes du fauvisme; la véhémence de la touche, un certain sentiment de l’inachevé (se traduisant chez lui par une grande simplification du dessin), l’emploi des couleurs pures, sont autant de caractéristiques qu’il partage avec les artistes fauves. A Montmartre, où il a son atelier, il peint les rues animées et les places désertes, les scènes de la vie nocturne, les maisons closes, dans une écriture rapide, synthétique, proche parfois de la caricature. 

Juxtaposant les couleurs crues, cernant les formes d’un trait noir épais, il saisit frontalement les figures ou découpe brutalement leur profil, décrit la solitude des hommes dans le monde moderne.

Après la Première Guerre mondiale, Chabaud s’établit définitivement dans le mas familial, près d’Avignon. Le Sud, qu’il n’a jamais cessé de peindre pendant la période parisienne, va désormais l’occuper exclusivement. Dépourvue de tout folklore, la Provence de Chabaud est monumentale, brûlée sous la lumière implacable du soleil. Le paysage, résolu en formes simples, est construit à partir de quelques éléments emblématiques, dans un chromatisme réduit, dominé progressivement par un bleu de Prusse éclatant.

Fier de ses racines, Chabaud revendiquera toujours un art instinctif et une position marginale dans le champ artistique: "Le peu que je sais, je l’ai appris non des les ateliers suffocants où je n’ai pu vivre […], mais en suivant les laboureurs et les bergers", écrit-il en 1912 dans la préface de son exposition à la galerie Bernheim-Jeune, à Paris.